C’est sans surprise que les JRG 13 ont découvert les déclarations de Marion Maréchal Le Pen lors d’un meeting de la « Manif pour Tous » mené par le journaliste de Valeurs actuelles Geoffroy Lejeune  à Marseille, le 17 Novembre 2015. Il s’agirait, à son arrivée à la tête de la Région PACA, de déterminer sur quels critères politiques ou idéologiques elle attribuerait ou retirerait des subventions aux associations présentes sur notre territoire.  

Elle mentionne tour à tour la suppression d’aides régionales aux associations d’aide aux travailleurs immigrés, qui « font de la préférence étrangère », aux associations de défense des personnes LGBT, ou encore aux plannings familiaux « dont elle condamne fermement l’idéologie ».

Le retrait de ces subventions handicaperait lourdement le bon fonctionnement de ces associations, pourtant reconnues d’utilité publique, sur le terrain. Une fois n’est pas coutume, une telle mesure pénaliserait avant tout la jeunesse PACA et notamment les personnes en situation de vulnérabilité sociale.

En ce qui concerne les plannings familiaux, la députée FN accuse ces derniers de véhiculer une « banalisation de l’avortement ». Jusqu’ici, rien de bien surprenant, car le FN n’en est pas à son premier coup d’essai dans son réquisitoire contre les droits des femmes et des minorités sexuelles & ethniques. Souvenons-nous : lors du « Rapport Tarabella » en mars 2015 portant sur l’égalité des genres voté au sein du Parlement européen, le FN s’était prononcé contre, entre autre, le paragraphe 42 stipulant  « le droit des femmes à avoir accès à la contraception et à l’avortement. » En 2012, Marion Maréchal Le Pen s’était également prononcée contre le remboursement des IVG et spécialement ceux dits « de confort ». En effet, elle poursuit sur sa lancée en déclarant que l’IVG serait devenu un moyen de contraception à part entière qui serait dû aux « inattentions de certaines femmes ». Toutefois, elle déclare ne pas se positionner contre l’avortement en tant que tel mais être en faveur de la politique de l’« anti-choix » (qui fait référence aux mouvements virulents des « pro-life » américains), préférant ainsi tout miser sur l’aspect préventif et le droit à ne PAS avorter.

Or, il serait de bon ton de rappeler les compétences des plannings familiaux dans nos régions. Leurs missions consistent à :

- donner accès à une information gratuite et anonyme sur tous les droits des jeunes en matière de sexualité, d’orientation sexuelle, de contraception, d’accès à l’avortement mais aussi, de manière plus large, d’éduquer les filles et les garçons à la sexualité et à l’égalité.
- proposer des structures d’accueil efficaces qui délivrent des moyens de contraception aux mineurs de façon gratuite et anonyme encadré par un personnel compétent,
- coordonner des missions d’information, d’éducation, d’accompagnement et de sensibilisation à ces mêmes thématiques dans les lycées, qui relèvent aussi de la compétence des régions.

En PACA, la fédération régionale des plannings familiaux a mis en place, il y a 15 ans de cela, une plateforme IVG-contraception afin d’aider les jeunes dans leurs démarches. La région a également mis à disposition le chéquier « Pass Santé » qui permet aux jeunes d’accéder gratuitement et de façon confidentielle à des prestations de prévention, de contraception et de soins. Cette initiative a été accompagnée de la création d’un site Internet, « parlons-ici.org », qui garantit et renforce l’accès à des informations libres et gratuites sur le corps, l’IVG, les violences et la sexualité.

En coupant les subventions régionales à de telles structures, la candidate FN fragiliserait encore plus les jeunes et notamment ceux issus de couches sociales défavorisées qui bénéficient déjà d’un accès limité en la matière.

Elle occupe une position ambivalente, voire paradoxale, sur le sujet : désireuse d’axer ses priorités sur la prévention, afin de faire reculer la pratique de l’IVG, elle formule pourtant la volonté de couper les subventions aux associations qui sont actrices de cette même prévention ! Son discours, présenté à Marseille ce jour-là, contraste encore avec le programme national du FN (page 37, sur le droit de la famille) qui appelle pourtant à, nous citons : « une meilleure PREVENTION ET INFORMATION ».

Serait-il opportun de rappeler à Madame Maréchal Le Pen que plus de 45 000 femmes par an meurent des suites d’un avortement clandestin ?

Quant aux associations LGBT (comme le Refuge à Marseille) qui seraient aussi victimes du caractère rétrograde de cette proposition, elles interviennent également dans les lycées afin de combattre la hausse de l’homophobie et du harcèlement scolaire, mais aussi de faire reculer toutes formes de discriminations et de violences basées sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Rappelons aussi que chez les personnes LGBT (notamment les jeunes), le taux de suicide est 4 fois plus élevé que le reste de la population.  

Nous, JRG 13, condamnons fermement les déclarations de Madame Maréchal Le Pen allant à l’encontre des droits fondamentaux humains des jeunes femmes, hommes et personnes LGBT sur notre territoire. Nous reconnaissons ces associations d’utilité publique en matière de santé et de prévention présentes, chaque jour, sur le terrain, auprès des jeunes. Encore une fois, Marion Maréchal Le Pen va à l’encontre de la jeunesse alors que c’est une des compétences fondamentales des Régions.

Les JRG 13 encouragent l’initiative régionale autour du Pass Santé et souhaiteraient généraliser et simplifier sa distribution dans les lycées, les centres de formation, d’apprentissage, et des facultés sans formalité de demande préalable. Nous voulons rendre obligatoire l’organisation de journées de prévention au sein des lycées ayant attrait à la sexualité, à la contraception et à la lutte contre les discriminations. Pour ce faire, il nous paraît essentiel de renforcer, au lieu d’affaiblir, les compétences et les moyens des plannings familiaux PACA en développant un réseau d’associations d’aide aux jeunes et en favorisant un accès libre et gratuit à des services de soutien psychologique. Nous sommes toutes et tous concerné-es !

Votons le 6 décembre 2015 contre le recul des avancées républicaines et pour le respect de l’égalité et des droits fondamentaux ! Votons, nous les jeunes, pour une région progressiste, féministe et solidaire !

« Et la jeunesse, bordel ? »

La Fédération des Jeunes Radicaux de Gauche des Bouches du Rhône.