Fin de vie, le choix de la dignité

Ce qui distingue l’humanité réside sûrement dans notre perception de la dignité. Et, s’il est acquis que nous avons de le droit de vivre dignement, face à la mort, il en est encore tout autrement. De nombreuses personnes souffrantes, en fin de vie, sont laissées avec leur douleur, sans qu’aucune solution satisfaisante ne leur soit apportée.

 Alors, certes, la loi “Léonetti” de 2005 existe. Mais si elle constituait un progrès à l’époque, nous considérons, comme une majorité de français, qu’elle ne suffit plus et qu’une autre réponse doit être apportée pour accompagner les personnes grande souffrance vers la fin de vie.

 La réflexion sur la fin de vie ne saurait être un refus de la vulnérabilité humaine devant la maladie et la mort. Notre exigence est en effet d’engager une réflexion responsable, au plus près des réalités humaines et vécues, pour accompagner la fin de vie de nos proches. Nous devons aller plus loin et trouver des solutions pour que dans la mesure du possible, chaque individu souffrant, et pour lequel il n’existe aucune solution médicale permettant d’améliorer son état de santé, puisse connaître une mort plus douce, plus acceptable.

 L’euthanasie - car étymologiquement, c’est précisément de cela qu’il s’agit - doit s’inscrire plus largement dans ce mouvement de progrès et d’émancipation de l’Homme face à sa destinée et plus particulièrement face à la souffrance, à la déchéance, à l’abandon qui accompagnent souvent la fin d’une vie.

 En tant que Jeunes Radicaux de Gauche, et en tant que jeunes humanistes, nous y sommes particulièrement attachés. Il s’agit de respect de la dignité humaine, un droit qui n’est malheureusement toujours pas garantie.

Nous sommes heureux des déclarations de Manuel Valls, le 19 octobre dernier qui a annoncé le dépôt d’un projet de loi avant la fin de la mandature. Mais quel en sera le contenu? Le gouvernement aura-t-il le courage politique de créer les conditions d’une réelle avancée progressiste? Les euthanasies clandestines, les départs à l’étranger de ceux qui en ont les moyens, sont devenues la seule solution, il nous faut seul un nouveau cadre légal pour rendre la dignité de malades en fin de vie et garantir  l’égalité de tous devant les soins.

Parce que nous sommes des humanistes, nous, Jeunes Radicaux de Gauche, militerons pour le droit de chacune et de chacun à mourir dans la dignité.

 

Par Romain TEUFERT le 02/11/14.